Etes vous stressés ou victimes de « Job strain » ? (Etude Dares sur le « Job strain »)

Posté par Jean-Luc LEFEVRE le 28 mai 2008

Les pourfendeurs d’anglicismes vont encore frémir : la Dares vient de publier une étude sur les salariés exposés au « Job strain ». Soit un concept pour désigner des situations de travail où les marges de manœuvre individuelles ne permettent pas aux salariés de faire face aux exigences qu’ils ressentent dans leur travail.

« Les situations à risques pour la santé sont celles où les exigences du travail sont importantes, la demande psychologique forte, et où les ressources disponibles dans le travail pour y faire face sont insuffisantes, la latitude décisionnelle faible. Le risque est encore aggravé si le salarié bénéficie d’un faible soutien social », expliquent les auteurs de l’étude sur « Les facteurs psychosociaux au travail », publiée en mai 2008.

Les femmes seraient plus touchées que les hommes : «  28 % des femmes sont en situation de ’job strain’ contre moins de 20 % des hommes », indique l’étude. Les employés et les ouvriers sont eux aussi plus touchés que les professions plus qualifiées car ils ont moins de latitude pour effectuer leur tâches : des horaires strictes, un ordre de tâche défini, et un plus grand contrôle quotidien du travail. Les employés administratifs (31 %), les employés de commerce et de services (29 %) sont particulièrement tendus lorsqu’ils sont au travail, précise l’enquête. D’une manière générale, quels que soient le secteur d’activité et la catégorie socioprofessionnelle, 23% des salariés vivent une situation de « job strain ».

On les retrouve le plus souvent dans les secteurs de « l’hôtellerie-restauration, des transports, et des activités financières. Les auteurs constatent en revanche moins de salariés soumis au « Job strain » dans l’agriculture, la construction, l’éducation (secteur privé) et les services collectifs, sociaux et personnels ». Les métiers les plus exposés au « job strain » sont les ouvriers non qualifiés des industries de process (40 %), du textile et du cuir (39 %), les caissiers et employés de libre-service (36 %), les opérateurs informatiques (39 %) ainsi que les employés et la maîtrise de l’hôtellerie- restauration (33 %). Selon les auteurs, cette forme de souffrance au travail « ne dépend guère du statut d’emploi du salarié, qu’il soit en CDI, en CDD ou intérimaire ».

Pour ceux qui voudraient assimiler le « job strain » au stress, les chercheurs de la Dares répondent que l’on peut être stressé sans vivre pour autant une situation de “job strain”. En effet, si les cadres sont nombreux à se dire stressés, d’aucuns ont une latitude pour effectuer leur travail : du fait de cette marge de manœuvre importante, ils ne sont pas, par définition, victime de « job strain ». Ainsi, par exemple, « 45 % des techniciens et agents de maîtrise et 61 % de cadres du BTP, 42 % des techniciens et 53 % des ingénieurs de l’informatique, 54 % des cadres de la banque et des assurances déclarent à la fois une grande demande psychologique et une grande latitude », arguent les auteurs. En revanche, les troubles pathologiques induits par le « Job train » sont les mêmes que le pour le stress : troubles cardio- vasculaires, psychiques et musculo-squelettiques.

ETUDE DARES

Laisser un commentaire

XHTML: Vous pouvez utiliser les balises suivantes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

 

hébergé par Blog Professionnel