La certification, une préoccupation européenne

Posté par Jean-Luc LEFEVRE le 7 juillet 2008

Adoptée par la Commission européenne le 5 septembre 2007 et destinée à servir « de mécanisme de correspondance entre les systèmes de qualification des Etats membres », la recommandation du Parlement en faveur du cadre européen des certifications (CEC) présentée lors des rencontres nationales sur la certification professionnelle (Montpellier, 27 juin 2008) par Carlo Scatoli, chef de secteur Qualifications européennes à la Commission européenne - DG Education et Culture, poursuit un double objectif.

Celui de « promouvoir la mobilité en Europe » et de « faciliter l’apprentissage tout au long de la vie », en permettant « aux employeurs et aux citoyens de comparer et de mieux comprendre les certifications » en vigueur au sein de l’Union.

Donnée significative d’une finalité tournée vers l’employabilité, le CEC ne cherche pas à comparer des « critères » (durée de la formation, etc.) mais les « acquis de l’apprentissage ». Ainsi, les « huit niveaux de référence » du CEC précisent-ils « ce qu’un apprenant sait (les savoirs), comprend (les aptitudes), et peut faire (les compétences), quel que soit le système dans lequel la certification est acquise ».

Evoquant ces « huit niveaux », le vice-président de la Région Aquitaine en charge de la formation professionnelle, Jean-Pierre Dufour, invite à construire les politiques à partir d’un « neuvième niveau, le zéro », en privilégiant « une pédagogie de la réussite, de l’ouverture et du contrat ». Ce qui revient à favoriser la « construction progressive du diplôme pour ceux qui n’y parviennent pas directement », à permettre de se « construire une capacité à partir de compétences et modules qui ne rencontrent aucun diplôme » et, enfin, à veiller à ce que « la certification (donne) accès à l’emploi ». Ces trois pédagogies se tiennent et sont à décliner comme une « nouvelle impulsion républicaine ». Et d’inviter à « ne pas avoir peur des réseaux dans un monde ouvert ». Au contraire, conclut-il, la « complexité » favorise la « sécurisation des parcours » en permettant à tout un chacun de « trouver sa place, (…) par petites étapes ».

A mi-chemin du calendrier européen qui « prévoit que les Etats membres établissent le lien entre leurs systèmes nationaux de certification et le CEC d’ici 2010 », Carlo Scatoli rappelle qu’il ne s’agit pas d’« harmoniser » mais de produire un « cadre de référence commun », destiné à servir de « traducteur entre les systèmes de certification ».

A noter que seuls quatre pays [1] disposent aujourd’hui d’une commission nationale de certification

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