L’apprentissage tout au long de la vie, enjeu européen
Posté par Jean-Luc LEFEVRE le 19 septembre 2008
Intervenant à distance dans le cadre de la conférence annuelle de l’European association of distance teaching universities (EADTU 2008, Poitiers), Valérie Pécresse, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, a souhaité que « l’espace européen fasse toute sa place à la formation tout au long de la vie », l’une des « priorités de la présidence française de l’Union européenne ».
Convaincue que « l’enseignement ouvert et à distance recèle d’immenses potentialités », la ministre a également souhaité que les travaux conduits dans le cadre d’EADTU 2008 viennent renforcer ceux en cours au sein de l’Association européenne des universités, mandatée par le Premier ministre François Fillon pour proposer une « charte européenne de la formation tout au long de la vie », qui pourrait être adoptée lors de la conférence des ministres européens de l’Education prévue à Bordeaux en novembre prochain.
« La question de l’apprentissage tout au long de la vie est un véritable défi lancé aux universités », a déclaré pour sa part Jean-Michel Lacroix directeur général du Cned et hôte de l’événement. « Particulièrement en France », a-t-il souligné, « où formation initiale et formation continue demeurent cloisonnées (…) alors que le paradigme de l’apprentissage tout au long de la vie répond à de nouvelles exigences ». Il s’agit non seulement de s’adapter « au rythme, aux besoins et au potentiel de l’apprenant » mais aussi de lui proposer des « services » qui lui permettront d’acquérir et renouveler les « compétences » à même de « garantir sa flexibilité et sa mobilité ».
Dans notre société de l’information basée sur le savoir où chaque individu doit s’attendre à exercer « cinq à six métiers différents au cours de sa vie professionnelle », a-t-il poursuivi, l’apprentissage tout au long de la vie apparaît comme une réponse « à la globalisation et aux problématiques d’inclusion et d’employabilité, devenues plus importantes que la question du diplôme ».
Une réponse qui « ne représente [cependant] pas encore une activité centrale pour les universités », ainsi que Maruja Gutiérrez Diaz [2] l’a rappelé au nom d’Odile Quintin, directeur général de la DG Education et Culture à la Commission européenne. « Le vrai sens de l’apprentissage tout au long de la vie », souligna-t-elle, « c’est davantage d’articulation et de coopération entre le monde universitaire et les entreprises ».
Précisant au Quotidien de la formation le périmètre de la formation tout au long de la vie, Jean-Michel Lacroix rappelle que le concept implique de revoir les frontières entre formation initiale et continue au profit du « continuum pédagogique ». Et d’expliquer, « le grand rêve de la formation continue, c’est de rentrer dans le contexte même de la formation initiale. (…) Il s’agit de sortir d’un système contraint pour adopter une attitude permanente d’ouverture, processus progressif et individuel où l’on passe de la simple transmission de connaissances à l’élaboration de parcours de construction de compétences ». Une mutation qui implique un nouveau rôle pour les enseignants, désormais appelés à être des « organisateurs et des médiateurs de la relation entre savoirs et apprenants ».
Contact : www.eadtu.nl
[1] EADTU Annual Conference 2008 – Lifelong learning in higher education : networked teaching and learning in a knowledge society. 18 et 19 septembre, Poitiers, Cned
[2] responsable du département multimédia à la DG Education et Culture de la Commission européenne







